Quelle rentrée pour les TZR ?

mardi 16 septembre 2014

Bilan de l’affectation des personnels TZR

L’unique groupe de travail chargé de l’affectation des TZR a eu lieu jeudi 21 août dernier. Après une année 2013 où l’affectation des TZR a fortement cafouillé ; bon nombre des affectations prononcées en juillet ont été modifiées en août, le rectorat a décidé de mettre en place un seul groupe de travail, tout en affectant les collègues dès juillet pour certains. Force est de constater que la situation n’est guère meilleure. De nombreux collègues ont reçu, entre fin juillet et fin août, plusieurs arrêtés contradictoires, et à l’issue de la commission du 21 août, certaines affectations n’étaient déjà plus valables. Le travail de vérification et d’amélioration des commissaires paritaires est d’autant plus complexe qu’il devient de plus en plus difficile d’obtenir des informations fiables concernant les supports disponibles dans les établissements. A ce stade de l’année, la plupart des documents émanant du rectorat et des inspections académiques concernant les blocs de moyens provisoires sont obsolètes, et il devient quasi-impossible d’en obtenir une mise à jour. De plus, dans beaucoup d’établissements, la préparation de rentrée n’est pas encore terminée et nombre d’établissements étant encore en vacances le 21 août, les besoins en heures ont été remontés par les chefs d’établissement la semaine d’après.

A l’ensemble de ces éléments s’ajoute le fait que dans certaines disciplines les TZR deviennent denrée rare. De ce fait, ces derniers sont amenés à être affectés à l’année hors zone ou sur trois établissements. Pour d’autres disciplines, la situation est inversée : trop de TZR et pas de poste à pourvoir. C’est encore et toujours la situation de plusieurs collègues de sciences physiques à qui le rectorat demande d’enseigner les mathématiques, et ne parlons pas de l’affectation en lycée professionnelle qui est faite de plus en plus régulièrement.

Lors du groupe de travail du 21 août dernier, le SNES-FSU est revenu sur un certain nombre de situations difficiles voire absurdes, notamment grâce aux informations que vous nous aviez envoyées. Nous avons demandé à ce que le cas des collègues affectés à l’année dans trois établissements soit revu, et plus particulièrement à la directrice des ressources humaines de s’assurer que les collègues affectés dans des établissements en réseau ou ayant deux sites, soient bien sur un seul de ces sites. Le rectorat nous a répondu prendre l’attache des chefs d’établissements, mais nous devons constater que cela n’a pas été fait ou que les chefs d’établissements n’en ont pas tenu compte…

Voici quelques exemples de situations absurdes :

Une collègue TZR de SVT affectée sur trois établissements, pour la septième année consécutive… Si cela s’arrêtait là ! Elle est censée assurer une partie de son service au collège de Dampierre sur Salon, et elle a bien sûr découvert que le principal de cet établissement avait prévu de l’envoyer faire une partie de ses 9h à Champlitte. Cela fait donc quatre établissements !!! Heureusement que le rectorat a contacté le principal…

Dans le Doubs, l’inspection académique rechigne à revoir les compléments de service qu’elle a actés en mars, à une période où les besoins des établissements sont loin d’être établis. Cela abouti à des situations absurdes pour les collègues et pour les établissements. Ainsi, en technologie, dans un collège ayant un besoin de 8h30, deux collègues sont affectés, un en complément de son service dans un autre collège à hauteur de 3h et l’autre pour 5h30. Pour ce dernier, en sous-service, 12h sont proposés à 70 km…

Un TZR de lettres classiques sur Belfort Montbéliard est affecté à l’année à Vauvillers, ce qui génère des trajets quotidiens de 3h, alors qu’un établissement d’une commune proche de Montbéliard n’a pas de professeur pour enseigner le latin. Le rectorat préfère ne nommer personne plutôt que de proposer le poste qui n’est pas un temps complet.

Les exemples pourraient être, hélas, multipliés. La conclusion s’impose, l’affectation des personnels TZR pour cette rentrée 2014 est loin d’être satisfaisante. Les collègues TZR sont encore et toujours corvéables à merci par le rectorat qui privilégie ses objectifs de rentabilité et le soi-disant intérêt du service.

C’est pourquoi il faut nous informer de toutes les situations difficiles. Concernant les trois exemples ci-dessus, nos interventions, qu’elles soient en amont, pendant ou après le groupe de travail, ont permis d’améliorer, sensiblement ou beaucoup, le sort de nos collègues. Le SNES-FSU continuera à demander des bonifications plus importantes liées à la fonction de TZR dans le cadre du mouvement intra-académique, et à être vigilant quant aux affectations. Notre présence en groupe de travail en est d’autant plus nécessaire. Il est à regretter que toutes les organisations syndicales ne pensent pas la même chose, l’une d’entre elle n’ayant même pas envoyé de représentant…

L’affectation des personnels TZR en chiffres

Fin août, le Rectorat avait proposé à 47 % des 407 TZR une affectation à l’année (AFA). La tendance lourde est l’affectation sur deux établissements qui atteint 40 %, soit presque autant que les AFA sur un seul établissement (47 %).

Presque 10 % des TZR en AFA subissent une affectation sur trois établissements. La nouveauté est, hélas pour les collègues concernés, une affectation sur quatre établissements.

Le SNES-FSU est intervenu à plusieurs reprises lors de ce groupe de travail pour améliorer la situation de nombre de TZR.

Les disparités entre les disciplines sont très fortes. En SVT, Anglais, Espagnol et Lettres, les collègues TZR sont en AFA à plus de 60 %, ce qui laisse présager des difficultés de remplacement en cours d’année scolaire.

Cette inflation des postes à cheval sur plusieurs établissements vous donne droit à des remboursements divers (frais de déplacement, frais de repas…). N’hésitez pas à nous contacter pour les faire valoir.

Sandrine Rayot, Didier Vuillemot