COLLÈGE DIDEROT : LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE JUSQU’AU BOUT

jeudi 15 décembre 2016
par  Nathalie Faivre

L’accumulation de difficultés scolaires et sociales, combinée avec un attentisme consternant de la part de notre hiérarchie, a fini par épuiser les collègues en poste au collège Diderot. Ils ont fait usage de leur droit de retrait du 7 au 10 décembre suite à la découverte d’armes sur des élèves.

À qui la faute, si plus de 90 % des élèves de ce collège sont issus de professions ou catégories socio-professionnelles défavorisées (moyenne nationale : 40%) ?

À qui la faute si, dans notre système scolaire, la plupart des enfants issus de ces catégories ont un devenir scolaire écrit d’avance : l’échec (voir dernières études PISA, CNESCO) ?

À qui la faute, si le degré de violence atteint au sein même de l’établissement devient insupportable (insultes, agressions, trafic de stupéfiants…) ?

Pendant des années, on a dit aux profs que c’était de leur faute : pas assez de suivi individualisé, pas assez de bienveillance, pas assez de...

Pas celle de l’agglomération, qui envoie dans le même quartier des populations qui cumulent les difficultés sociales.
Pas celle d’un système scolaire qui laisse s’installer la concurrence entre établissements, donne moins à ceux qui ont le moins, s’avère incapable de limiter l’explosion des élèves en difficultés graves (4 % en 2006, 22 % en 2016).
Pas celle de l’inspection académique, qui repousse le moment où il faudra revoir la carte scolaire sur une ville où des collèges se vident (Stendhal : 350 élèves) et d’autres explosent (Diderot : 750 élèves).
Pas celle de tous ces acteurs à la fois, incapables de se réunir autour d’une table pour essayer d’enrayer le processus d’ostracisation à l’œuvre depuis des décennies.
Pas celle de tous les gouvernements qui, depuis trente ans, laissent les plus riches s’enrichir et la pauvreté s’installer dans des franges de plus en plus larges de la population.

Désormais, le rectorat n’a plus le choix : il faudra bien agir, parce que les collègues sont malades de leur travail et que leurs remplaçants tiennent à peine trois jours ! Parce qu’ils ont sollicité le CHSCT et que désormais, leur employeur a sa responsabilité engagée.


Documents joints

commmuniqué de presse Clg Diderot