Lettre aux député(e)s du Doubs élu(e)s le 18 juin 2017

mercredi 5 juillet 2017
par  Philippe Piguet

Les retraité(e)s du Doubs FO, CGT, FSU, FGR, LSR, SUD-Solidaires

Lettre aux député(e)s du Doubs élu(e)s le 18 juin 2017

Mesdames, Messieurs,

Vous venez d’être élu(e)s ou réélu(e)s à l’Assemblée nationale. Nous tenons d’abord à vous féliciter.
Nous ne vous ferons pas l’affront de vous rappeler que devenus ou redevenus, élu(e)s de la Nation, de toute la Nation, votre tâche première est de voter, après des débats contradictoires, la loi et de contrôler l’exécutif : vous allez devoir passer rapidement aux actes.
Le président Macron, relayé par le premier gouvernement qu’il a mis en place, a déjà fait connaître ses orientations sur les retraites et la situation des retraité(e)s.
Il semble déterminé à utiliser la voie des ordonnances pour inscrire dans la loi et mettre en œuvre rapidement, de nombreuses mesures d’ordre social qui pour certaines concernent les retraité(e)s ; nous ne doutons pas que, vous appuyant sur la légitimité que viennent de vous conférer les électrices et les électeurs du Doubs, même s’ils ne se sont pas déplacés massivement, vous ferez tout pour vous opposer à ce déni de démocratie parlementaire.
Nous ne parlerons pas ici du projet de réforme en profondeur du système de retraite sur lequel nous avons les plus extrêmes réserves. Nous nous exprimerons sur ce sujet avec nos camarades actifs le moment venu et selon les moyens appropriés.

Nous voulons, par la présente, évoquer rapidement la situation des retraité(e)s ‘’déjà en activité’’ si vous nous permettez ce petit jeu mot.
Nous devrions nous réjouir de l’augmentation annoncée du minimum vieillesse qui pourrait passer de 800 à 900 € : plus d’un million de retraité(e)s sont concernés mais ils continueront à vivre en-dessous du seuil de pauvreté !
Autre annonce : l’exonération de la taxe d’habitation. Beaucoup de retraité(e)s et personnes âgées ne sont déjà plus astreints à son versement faute d’un revenu suffisant. Pour eux comme pour l’ensemble des retraité(e)s, c’est un leurre : la perte de ressources des collectivités locales sera compensée par une augmentation des impôts et par une baisse des prestations sociales, culturelles et des aides à la personne dont les retraité(e)s et personnes âgées sont en général bénéficiaires.

Nous ne nous attarderons pas sur l’absence de financement pour l’aide au maintien à domicile prévue par la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement ou sur les difficultés de financement des séjours en EHPAD par les retraité(e)s ou leurs proches : Il est impossible que vous n’ayez pas été interpellés sur le sujet pendant la campagne électorale !

Pour l’immédiat, nous tenons à attirer votre attention sur les mesures annoncées, mesures qui non seulement vont pénaliser lourdement les retraité(e)s mais qui en plus les désignent comme des nantis… un comble quand on sait que le montant moyen de la retraite était de 1 250 € (900 € pour les femmes…) en 2016.

Le gouvernement actuel prévoit par exemple, en fonction de la feuille de route présidentielle :
- le blocage des pensions et des retraites complémentaires,
- l’augmentation de 1,7 point de la CSG,
- le non-rétablissement de la demi-part fiscale accordée aux parents isolés, ainsi qu’aux veuves et veufs ayant élevé au moins un enfant,
- l’imposition de la majoration de 10 % pour les retraité(e)s ayant eu trois enfants.

Nous ne doutons pas qu’au nom d’un minimum de sens de la justice sociale vous refuserez de laisser passer un tel train de mesures.
Les organisations syndicales de retraité(e)s (CGT FGR, FSU, Solidaires ….) ont des propositions qui permettraient d’améliorer sensiblement la situation et la qualité de vie des retraité(e)s.

Pour les revenus des retraité(e)s et personnes âgées :
- un niveau de pension égal au minimum au SMIC,
- le remplacement d’une partie de la CSG par une cotisation sociale et une cotisation sur les revenus financiers,
- des pensions indexées sur l’augmentation du salaire moyen annuel et non plus sur l’inflation.

Et en ce qui concerne la santé et l’autonomie :
- la création d’un service public pour l’autonomie dans le cadre de la sécurité sociale (aide et prise en charge à domicile ou dans un cadre collectif),
- la réduction drastique voire la disparition complète pour les retraité(e)s les plus modeste du reste à charge pour les séjours en EHPAD,
- la prise en charge à 100% des problèmes de santé dans le cadre solidaire et unique de la Sécurité Sociale avec intégration de toutes les assurances complémentaires qui ne sont que des pis-aller onéreux en particulier pour les retraité(e)s.

Nous sommes persuadés que vous avez trouvé quelques instants, dans votre emploi du temps fort chargé, pour lire notre missive et que vous allez nous en accuser réception ; dans l’attente de vous lire, veuillez agréer mesdames et messieurs les député(e)s, nos salutations syndicales et citoyennes.

Pour l’intersyndicale des retraité(e)s :

Alain Breney (CGT) , Bernard Pointurier (FGR), Claude Caudas, (FO), Nadine Castioni (FSU), Christine Boudot (LSR), Martine Chevillard (SUD-Solidaires).

Nota Bene : « Vous nous lirez ...peut-être » comme l’a écrit et chanté Boris Vian. Pour en être sûrs, nous vous avons adressé une lettre ouverte ; les médias locaux et nos mandant(e)s en sont donc eux aussi destinataires.