RÉFORME DU LYCÉE : L’ESSENTIEL

mardi 30 janvier 2018
par  Nathalie Faivre

La réforme du lycée envisagée par Blanquer induirait des changements profonds de fonctionnement du système scolaire actuel.

La classe de seconde, avec un emploi du temps semestrialisé dès la rentrée 2018, serait une sorte de préparation au lycée modulaire instauré sur les niveaux première-terminale :

  • Suppression des séries : tous les élèves dans des groupes indistincts ;
  • Un tronc commun de 15 h en première, 12 h en terminale ;
  • 4 disciplines au choix (deux "majeures" et deux "mineures") dans un menu
  • 7 majeures “sciences et technologies”, 4 majeures “sciences et ingénieries”, 5 majeures “lettres-humanités-sociétés”, 2 mineures en “complément logique des majeures” pour un volume horaire de 12h en première et 15 h en terminale ;
  • Un maximum de 27 h de cours par semaine.
    Ce mode d’organisation suppose des élèves autonomes, capables de se projeter dans l’avenir, qui ont un projet d’orientation abouti et choisissent leur menu en connaissance de cause.
    Les élèves les plus fragiles se trouveront perdus dans des groupes très hétérogènes, qui ne nous permettront plus de différencier nos enseignements selon le public visé comme c’est le cas actuellement grâce aux filières et aux séries.
    Les déterminismes sociaux se trouveront renforcés par une telle organisation.
    La semestrialisation des emplois du temps élèves permet d’imposer l’annualisation de notre temps de travail. Mais la réalisation de tels emplois du temps risque de pousser les chefs d’établissement à leurs limites.

Blanquer compte également réformer le baccalauréat de façon drastique :

  • 4 épreuves terminales seulement ;
  • 2 épreuves en février, pour renseignement du portail post-bac, et deux en juin ;
  • en juin : philosophie et "grand oral" interdisciplinaire ;
  • tout le reste en contrôle continu ou CCF.
    Instaurer le contrôle continu, c’est instaurer des diplômes "maison" qui perdront leur valeur, instaureront une concurrence entre établissements et exposeront les évaluateurs aux pressions de leur hiérarchie. C’est accentuer le côté usine à gaz d’un baccalauréat déjà trop lourd à organiser.
    L’un des buts recherchés est bien sûr de faire un bac à moindre coût, le contrôle continu n’étant pas rémunéré...