E.A.F. 2018 : Lettres ou le néant ?

jeudi 8 février 2018
par  Philippe Piguet

Compte-rendu de la réunion sur l’E.A.F., en présence de l’Administration (Madame la Secrétaire générale du rectorat, DEC, Inspection de Lettres, monsieur le Proviseur du lycée Victor Hugo de Besançon...) et des organisations syndicales (SNES-FSU, FO, SNALC, SGEN-CFDT)

Comme il s’y était engagé, le rectorat a invité mardi 30 janvier des représentants des organisations syndicales afin de présenter les modalités d’organisation de l’Épreuve Anticipée de Français pour la session 2018. Nul doute que sont encore dans les mémoires la fronde menée l’année dernière par les collègues de Lettres et les actions entreprises par le SNES-FSU et l’intersyndicale (courriers à monsieur le Recteur, audience rectorale, préavis de grève pour la première journée des oraux), démarches qui ont abouti à des améliorations pour un certain nombre de collègues. Soucieuse cette année de jouer la transparence, de prendre les devants et d’anticiper un mouvement de contestation, l’Administration a donc dévoilé, sous réserve de publication au BO, le calendrier 2018 du baccalauréat général et technologique, et l’organisation de l’E.A.F. Si le rectorat semble avoir entendu certaines demandes des collègues et de l’intersyndicale, des motifs d’insatisfaction demeurent.

Des avancées sont à noter (et à vérifier...) : réduction du nombre de candidats par journée (pas plus de 11 candidats, 6 le matin et 5 l’après-midi, étalés sur 5,5 jours : mercredi 27 juin, jeudi 28 juin, vendredi 29 juin, lundi 02 juillet, mardi 03 juillet, mercredi 04 juillet), plus de temps pour corriger les copies (6,5 journées : jeudi 21 juin, vendredi 22 juin, lundi 25 juin, mardi 26 juin, mardi 03 juillet, jeudi 05 juillet, vendredi 06 juillet), des copies remises plus tôt (l’épreuve de l’E.A.F. se déroulant le lundi 18 juin après-midi, les copies seront disponibles le mercredi 20 juin) des descriptifs à envoyer début juin et non plus mi-mai, un nombre de descriptifs limité à cinq par jury, pas plus de 3 jours d’interrogations orales consécutifs. Le rectorat, à notre demande, a réitéré l’engagement pris de ne pas demander aux professeurs, qui se partagent sur un collège et un lycée, d’assurer les cours au collège s’ils étaient convoqués à l’examen. Il a aussi été acté de reconduire un courrier à l’adresse des chefs d’établissement afin que les collègues de Lettres soient déchargés au maximum des surveillances pour préparer les descriptifs.

Les motifs d’insatisfaction restent cependant encore importants, car le travail qui attend les correcteurs de l’E.A.F. n’est pas allégé pour autant. Les professeurs convoqués auront, au maximum, 60 copies et 60 candidats à l’oral, ce qui représente quand même 120 interrogations. Les déplacements pour faire passer les oraux restent encore nombreux. La saisie des notes étant clôturée le lundi 09 juillet à 12 heures, la journée d’harmonisation est repoussée au mercredi 11 juillet...

Des solutions ont pourtant été avancées par les organisations syndicales afin d’alléger le travail des enseignants. Afin de réduire la durée de l’examen, qui s’étalera pour les professeurs de Lettres sur 12 jours pleins, il a été demandé de commencer les oraux plus tôt, mais le rectorat affirme qu’il n’est pas souhaitable ni possible d’organiser des oraux dans un établissement tant qu’il organise des épreuves écrites, soit jusqu’au lundi 25 juin. Se pose aussi la nécessité de convoquer le même jour les élèves des filières technologiques pour les épreuves de français et d’histoire-géographie. Autre point de litige, le nombre de jury. Le rectorat a développé tout un argumentaire pour expliquer qu’ils avaient convoqué le maximum de professeurs de Lettres, compte tenu d’une répartition équitable entre chaque commission, et des enseignants disponibles : sur un reliquat de 218 professeurs de lycée (après avoir enlevé les stagiaires, les contractuels, les professeurs de théâtre et d’audiovisuel, les professeurs en maladie et en congés sur l’année scolaire, et une quinzaine de professeurs retenus pour évaluer l’épreuve de Littérature en Terminale), le Rectorat a convoqué 157 commissions seulement. Quand on fait remarquer que le reliquat est de 61 professeurs de lettres, l’Administration répond qu’il faut encore retrancher une trentaine d’enseignants qui ne pourront pas assurer l’examen (réservistes, arrêt maladie au moment des épreuves, difficultés professionnelles). Quand on lui fait remarquer qu’il reste encore une vingtaine d’enseignants non convoqués, le rectorat affirme des difficultés d’ordre technique...

Stéphane Grégoire, professeur de Lettres, lycée Armand Peugeot, Valentigney