PARCOURS SUP’ : SILENCE ASSOURDISSANT

jeudi 10 mai 2018
par  Nathalie Faivre

L’absence de relais médiatique concernant la résistance à Parcours Sup’ est proprement consternante.

D’un côté, les étudiants mènent la lutte à coups de blocages et de manifestations. La plupart des universités ont été débloquées brutalement par des interventions de CRS, ce qui constitue une première en France où, de façon coutumière, la police n’avait pas l’habitude de pénétrer sur les campus. La liste est longue :

6 mars   : Bordeaux
7 mars   : Nantes
23 mars   : Lille
9 avril   : Nanterre
11 avril   : Strasbourg
12 avril   : Paris-Sorbonne nouvelle
20 avril   : Paris-Tolbiac
20 avril   : Sciences Po Lille
23 avril   : Montpellier (Paul-Valéry)
23 avril   : Grenoble
25 avril   : Metz
25 avril   : Nancy
9 mai   : Toulouse
Par conséquent, seules quelques facs restent à l’arrêt ( Rennes-II, Nanterre, Paris-VIII) tandis que d’autres conservent certains sites bloqués ou occupés en partie (Lyon-II, Nantes, Aix-Marseille, Sorbonne Université…).

D’un autre côté, les profs de fac résistent également à la mise en place de Parcours Sup’, en refusant de trier les dossiers des candidats. C’est le cas d’une centaine de départements, par exemple à l’université Paul-Valéry Montpellier 3, à Lyon-2, Paris 1-Panthéon Sorbonne ou encore Bordeaux-3.
Le 10 avril, 425 enseignants ont publié une tribune contre la réforme d’accès à l’université.
Dans une tribune publiée le 18 avril, ce sont les présidents des universités de Rouen-Normandie, Rennes-II, Lumière-Lyon-II, Le Mans, Poitiers et Bordeaux-Montaigne qui ont demandé l’ouverture de négociations pour discuter des modalités concrètes de mise en œuvre de Parcours Sup’, soulignant le manque de moyens dévolus à l’université, alors même que le pic démographique actuel est tout sauf inattendu, et les risques d’un tri des étudiants.

À l’heure actuelle, les interrogations sont nombreuses sur la capacité de Parcours Sup’ à affecter dans les temps tous les étudiants, et surtout sans discrimination.
Jusqu’à quand allons-nous laisser nos collègues du supérieur et nos anciens élèves se battre seuls contre cette usine à gaz ?