PPCR : un an après

jeudi 6 septembre 2018
par  Sandrine Rayot

Les revalorisations
A son arrivée, le gouvernement a décidé de geler toutes les mesures salariales liées à PPCR pour l’année 2018. Lors du rendez-vous salarial du 18 juin 2018, le ministère a confirmé le décret du 21 décembre 2017, à savoir que lesdites mesures seraient mises en place au 1er janvier 2019. Cela concerne la revalorisation du point d’indice et la deuxième phase du transfert primes-points.

L’accès au grade Hors-Classe
Le déroulement d’une carrière doit se faire sur au moins deux grades, sauf situation très particulière et justifiée : c’est la loi ! Qu’en est-il dans la réalité après avoir participé aux premières CAPA d’accès à ce grade sous PPCR ?
Effectivement, certains collègues, au dernier échelon de la classe normale depuis longtemps et peu soutenus par leurs chefs d’établissement et/ou IPR ont enfin pu accéder à un grade qui leur était interdit avec l’ancien système, mais pas tous. Dans notre académie, 26 collègues se voient attribuer une opposition du Recteur, ce qui signifie une non-promotion malgré un barème (national) qui leur est favorable. L’opposition du Recteur est principalement la conséquence de l’avis de l’IPR. En CAPA, nous avons démontré certaines incohérences dans ces avis, entre la campagne 2018 et les précédentes entre autres, mais aussi des incohérences issues de situations particulières : l’évaluation se fait à un instant T par le chef d’établissement et l’IPR qu’ils nous connaissent ou pas et force est de constater que le regard sur l’ensemble de la carrière qui devrait être de mise, n’est pas effectué : le chef d’établissement évalue un collègue qui vient d’arriver dans son établissement sans contacter l’ancien principal/proviseur qui connait le collègue, l’IPR du collègue qui est en reconversion ne contacte pas son homologue de l’autre discipline... Bref, la carrière n’est pas regardée dans sa globalité, et pourtant ça aussi, c’est la loi...

La classe exceptionnelle
Ce nouveau grade qui doit, entre autres, permettre aux collègues les plus avancés dans le déroulement de leur carrière, de voir cette dernière se poursuivre, notamment au niveau salarial, pose beaucoup de questions, surtout après les deux campagnes de promotion de cette année.
Contrairement au grade Hors-classe, la classe exceptionnelle, n’est pas un grade auquel chacun d’entre nous peut espérer accéder au cours de sa carrière, les barrières sont nombreuses. Hormis les fonctions particulières exercées pendant au moins huit années (vivier 1), comme l’enseignement en éducation prioritaire, l’affectation dans le supérieur... qui permettent d’être promus et constituent 80% des possibilités de promotion, il est difficile de faire partie des élus. Les personnels ayant atteint le dernier échelon de la Hors-classe (vivier 2) ne constituent que 20% des possibilités de promotion, soit pour notre académie en 2018, 26 collègues pour un effectif total de 437 !!! Les avis de l’IPR et du chef d’établissement étant le seul critère de départage, nous retrouvons à ce stade toutes les difficultés connues jusqu’alors avec la Hors-classe. Même pour le vivier 1, où les possibilités de promotion sont bien plus concrètes, nous avons vu apparaître très clairement le positionnement du rectorat qui refuse de promouvoir des enseignants car ils ne sont pas assez "méritants", cela a amené le rectorat cette année à refuser la promotion à deux collègues alors même qu’il y avait moins de candidats éligibles que de possibilités de promotion...
Le SNES-FSU continue d’agir, au niveau rectoral et au niveau ministériel, afin que les modalités d’accès à ce troisième et dernier grade évoluent, avec notamment un ré-équilibre entre les deux viviers.

PPCR, un gain pour tous ?
Les avancées obtenues avec PPCR ont été mises en avant depuis l’année dernière, mais il ne faut pas cacher ou méconnaitre le fait que certains collègues ne l’ont pas vécu ainsi en particulier au moment du reclassement au 1er septembre 2017. En effet, certains d’entre nous auraient du changer d’échelon avec l’ancien dispositif, et se sont vus au final contraint de prolonger le temps de passage dans ledit d’échelon. Les nouveaux collègues bi-admissibles ne bénéficient plus d’une grille de rémunération particulière (contrairement aux "anciens" bi-amissibles qui gardent ce droit). Ce sont autant d’aspects négatifs de PPCR, qui sont des problématiques ponctuelles : un collègue n’ayant pas obtenu de changement d’échelon au 1er septembre 2017, aura malgré tout la possibilité d’un déroulement de carrière, dans son ensemble, amélioré avec l’ensemble des mesures.
Financièrement parlant, les différentes mesures n’ont pas vu une grande amélioration de notre pouvoir d’achat, d’autant plus avec le gel de 2018. C’est effectivement le cas pour les enseignants titulaires, fonctionnaires cadre A, mais il ne faut pas oublier que ce protocole concerne l’ensemble de la fonction publique, dont une majorité de personnels des catégories B et C pour lesquels PPCR constitue une avancée certainement plus perceptible.