Objet : décharge de cours et dispense de surveillance pour le baccalauréat, session 2026
Madame la Rectrice,
En posant clairement que « les enseignants chargés de la correction des épreuves de philosophie et de français sont dispensés de surveillance de ces épreuves », le BO n° 35 du 22 septembre 2022 reconnaissait explicitement la charge de travail qui pèse sur les professeurs de Lettres et de Philosophie en période d’examens. Or, la note de service du 25 septembre 2025 remet en cause cet acquis. En restreignant la dispense de surveillance de ces épreuves au moment de la réception de leur lot de copies, elle ouvre la voie à la convocation en surveillance avant même que les correctrices et correcteurs aient reçu leurs copies. Au vu du calendrier des épreuves, cela signifie que des collègues, déjà mobilisées pour des tâches d’examen multiples, pourraient se voir imposer des missions de surveillance supplémentaires. C’est un recul inacceptable.
Pour rappel, les correctrices et correcteurs de l’épreuve de philosophie font face à plus d’une centaine de copies à évaluer en un temps contraint, parfois en cumul avec des missions de Grand Oral. En Lettres, les convocations aux épreuves écrites et orales qui arrivent dans les établissements montrent déjà la lourde charge qui attend les examinateurs et examinatrices : une cinquantaine de copies à corriger, dix demi-journées d’interrogation, une réunion d’entente le vendredi 12 juin, une réunion d’harmonisation le vendredi 03 juillet - sans compter tout le temps nécessaire de préparation des oraux à partir des descriptifs reçus (analyse des textes, recherche de questions de grammaire, lecture des œuvres cursives, élaboration de questions pour la deuxième partie de l’épreuve). Ce sont des heures de travail invisibles, non comptabilisées, structurellement ignorées par l’institution. Enfin, s’agissant des mathématiques, les retours de terrain signalent également une charge de travail conséquente pour les correctrices et correcteurs.
Le SNES-FSU vous demande donc de donner instruction, à vos services et à l’ensemble des cheffes d’établissement, que les professeures de lettres, de philosophie et de mathématiques convoquées pour la correction des épreuves écrites du baccalauréat et/ou la passation des oraux des EAF, ne soient affectées à aucune mission de surveillance quelles que soient les modalités de réception des copies.
Le SNES-FSU attire par ailleurs votre attention sur une situation qui s’aggrave : de plus en plus de professeur.es de Lettres -et potentiellement de Mathématiques cette année- sont convoqué.es pour corriger le baccalauréat alors qu’ils/elles exercent en collège ou en cité scolaire. Ces collègues n’ont pas de classes de première, ne bénéficient d’aucun aménagement de service spécifique, et se voient pourtant imposer une charge d’examen sans décharge correspondante.
Le SNES-FSU demande avec fermeté que vos services adressent des instructions explicites aux cheffes d’établissement pour que tout-e professeure de lettres et de mathématiques, exerçant en collège et convoquée pour la correction des copies de baccalauréat soit totalement déchargée de ses cours pendant toute la durée de correction.
La qualité du baccalauréat - à laquelle le ministre dit tenir - ne peut reposer sur l’abnégation et l’épuisement de celles et ceux qui le font vivre. Une institution qui veut « rendre sa valeur au baccalauréat » doit commencer par reconnaître concrètement le travail de ses jurys. Le SNES-FSU attend de votre part des mesures à la hauteur de cet enjeu.
Confiant en votre compréhension, nous vous prions de bien vouloir agréer, madame la Rectrice, l’expression de nos meilleures salutations syndicales.
Pour le Bureau académique du SNES-FSU,
Stéphane Grégoire

