Interrogé sur les mesures qu’il compte prendre durant l’épisode actuel de canicule, le rectorat a dans un premier temps répondu : « on verra si on passe au rouge ». C’est fait depuis aujourd’hui. Et que décide le rectorat ? Rien !
« Les personnels font tout leur possible », nous a-t-on dit jeudi 24 juin ; c’est vrai, les personnels en établissement font ce qu’ils peuvent, mais est-ce suffisant ? Au mieux, de l’eau est distribuée, quelques ventilateurs si le budget le permet, et les salles les moins exposées au soleil sont prioritairement choisies.
Pourtant les malaises se multiplient ; dans notre académie, près de 80 fiches ont été déposées par les personnels dans le registre santé et sécurité depuis le début de la canicule.
Le ministère n’ayant pas anticipé cette crise, il a délégué la prise de décisions au local. Chaque chef d’établissement décide de ce qui lui semble le plus approprié. Résultat : dans une même ville, on peut trouver un établissement où tous les cours sont maintenus et un autre où ils sont annulés l’après-midi ; dans un troisième, les élèves sont mis au frais… sur le parking, seul endroit où il y a des arbres ! C’est le règne de l’improvisation et de la débrouille, les chefs d’établissement étant rendus responsables en cas de problème.
Un cadre global de décisions est indispensable pour sortir de la cacophonie ambiante : c’est aux inspections académiques de décider si les cours doivent être annulés ou non, à l’échelle du département – ce qui faciliterait la tâche en termes de gestion du ramassage scolaire, et éviterait aux chefs d’établissement de demander des autorisations à l’inspection chaque fois que des cours sont supprimés. De même, il aurait été souhaitable d’anticiper sur les décisions prises concernant l’organisation des examens. À défaut d’un report, impossible au vu des délais trop courts, des « pauses fraîcheur » ont été décidées… tous les établissements ont-ils vraiment un endroit frais à proposer aux candidats ?
A la rentrée, un bilan devra être fait de cette séquence pour en tirer toutes les conclusions. Si l’on veut que l’École continue à être un service public apte à accueillir les élèves tout au long de l’année, il faut lui en donner les moyens. Le SNES-FSU rappelle que le plan de rénovation thermique du bâti scolaire qu’il défend depuis de nombreuses années est largement finançable : 4 à 5 milliards d’euros par an, c’est 2% des aides aux grandes entreprises en 2023 ou encore 1% du patrimoine de Bernard Arnault.
Contact : N. Faivre, 06.37.93.85.12
