Déclaration préalable de la FSU de la F3SCT du jeudi 25 juin
Qui aurait pu prévoir ?
De mémoire d’enseignants, nous n’avons jamais connu une telle canicule en période scolaire. Par son ampleur et sa durée, cette vague extrême a totalement pris de cours les services de l’État et collectivités territoriales.
Dans les écoles, les consignes de prévention communiquées par la DSDEN ont été inopérantes : 32°C à 8h00 à Beaufort, 35°C mardi après-midi à Arbois. Dans les collèges, les protocoles mis en place par les Principaux et Principales ont été, dès lundi, emportés par les température enregistrées : 31,9°C dans une des salles de « replis » du collège d’Orgelet, 33°C degrés à l’étage du collège St Exupéry. Dans ces conditions, les malaises d’élèves et d’enseignants se multiplient (Collège de Poligny, de Rouget) les salles de classes sans ventilation se transforment en moites étuves. Inutile de préciser qu’aucun apprentissage n’est possible. En dehors des classes, les cours de récréation largement bitumées dépassent les 56,6°C au niveau du sol : les casquettes et les gourdes préconisées n’ont qu’à bien se tenir. Dans beaucoup d’établissements, il n’existe plus d’îlot de fraîcheur et les quelques ventilateurs achetés sur le tard ne changent pas cet état de fait.
L’ampleur du phénomène aurait du, dès lundi, alerter les autorités académiques ainsi que les services de la Préfecture. Il n’en a rien été, le Ministère et le Rectorat et les DSDEN par délégation s’en sont tenus à leur sempiternelle délégation au local : une décision qui permet de ne pas décider et de se décharger sur les élus dans le premier degré et sur les chefs d’établissement dans les collèges. Faute de communication claire et unifiée, faute de consignes les mesures prises au local se sont révélées cacophoniques et inéquitables. Ainsi, dès lundi, certaines Principales ont opportunément décidé d’annuler les cours de l’après-midi : à Saint Exupéry, Briand, Chaussin et Bletterans. D’autres ont, malgré les alertes des enseignants et enseignantes, décidé de maintenir coûte que coûte les cours toute la journée avec obligation de présence des élèves comme à Orgelet ou au collège Rouget de Lisle en prétextant que seul le Préfet a l’autorité de fermer les EPLE…
Dans le premier degré, le cas de la ville de Lons doit nous servir d’exemple à ne pas reproduire. Le maire a effet décidé de fermer les écoles lundi après-midi, en postant son annonce sur les réseaux sociaux, sans service d’accueil.
Bronca des parents, de l’opposition car impact sur les familles mal logées dans des appartements bouilloires. Quel accueil pour les familles qui n’ont pas de solution, notamment les plus modestes ?
Mardi midi : annonce de la mairie de Lons : Locaux des écoles fermés jusqu’au 3 juillet. Conférence de presse avec l’Inspecteur de la circonscription pour annoncer la « délocalisation des écoles dans des lieux frais de la ville » pour garantir la continuité des apprentissages. Tout ça annoncé sur les réseaux sociaux avant même que les personnels des écoles n’aient été prévenues.
À la suite appel de l’IEN pour demander aux directeurstrices d’appeler tous les parents pour les informer de consignes qu’ils n’ont pas eu. Directeurtrices à qui on demande dans l’urgence de transmettre ces directives à leurs équipes, directives floues voire inconséquentes….
Ce mercredi, les équipes des écoles et du périscolaire ont été placées sous tension afin de d’assurer un accueil des élèves dans les salles dédiées parfois non adaptées aux élèves et notamment aux plus jeunes. La Mairie a également oubié des espaces extérieurs adéquates pour les enfants. Les enseignants ont souhaité avoir des réponses, il leur a été répondu qu’ils posaient trop de questions.
Il n’est pas possible que cela se généralise et nous devons en tirer des leçons pour la prochaine gestion de crise.
Pourtant, Monsieur le DASEN, une mesure d’urgence simple aurait pu et du être prise. Elle consistait, a minima, à communiquer aux établissements scolaires du premier et du second degré la consigne suivante : aménager les horaires des écoles, adresser un message aux familles les invitant, quand c’est possible et favorable pour l’élève, à maintenir les élèves à domicile. Cela aurait permis aux équipes d’organiser l’accueil des élèves et d’assurer la continuité de mission de service public non pas d’éducation mais d’accueil des élèves.
Au delà des décisions d’urgence qui visent à protéger personnels et élèves, cet épisode caniculaire rappelle l’impérieuse nécessité de prendre la mesure du dérèglement climatique tant sur le plan du bâti que dans l’organisation des apprentissages et examens. De 2023 à 2026, le Fond vert est passé de 2 milliards d’euros en 2023 à 837 millions d’euros. Pourtant c’est la principale source de financement des adaptations des bâtis scolaires pour les collectivités locales. L’éducation nationale et les collectivités territoriales ne peuvent pas chaque année, faire semblant de redécouvrir l’ampleur des épisodes caniculaires en ne répondant à l’urgence climatique que par l’urgence. Préserver la santé des personnels et des élèves en débloquant des moyens pour rénover les écoles doit être une priorité !
