23 avril 2026

Sections départementales

Le Conseil départemental tourne le dos aux élèves du Territoire de Belfort - CDEN du 20 avril 2026

Le Conseil départemental tourne le dos aux élèves du Territoire de Belfort - (…)

Le lundi 20 avril s’est tenu le Conseil Départemental de l’Éducation Nationale (CDEN), instance de consultation réunissant les élues des collectivités locales (conseil départemental, mairies), les représentantes des enseignantes (organisations syndicales), des fédérations de parents d’élèves, et l’administration de l’Éducation nationale.

A l’ordre du jour : la préparation de rentrée 2026 dans les écoles et les collèges du Territoire de Belfort. Ce CDEN confirme ce que la FSU dénonce depuis des années : le Territoire de Belfort abandonne ses enfants les plus fragiles. Face à l’urgence sociale et éducative, le Conseil départemental choisit l’immobilisme et le déni.

Cette réunion intervient après le Comité social académique – spécial départemental (CSA-SD), lors duquel la préparation de rentrée a été présentée pour avis (voir le compte-rendu ici https://besancon.snes.edu/CSA-SD-90-du-20-mars-les-postes-a-la-rentree-2026.html).

Pour les écoles, vous pouvez consulter l’article du SNUipp-FSU : https://90.snuipp.fr

Déclaration préalable lue par les représentantes FSU en début de séance :

Déclaration liminaire FSU - CDEN 20 avril 2026 Préparation de rentrée 2026

Vœu de la FSU, présenté au vote du CDEN :

Vœu présenté par la FSU au CDEN de Belfort le 20 avril 2026

1- Un constat social alarmant ignoré par les autorités

Ce matin, lors du CDEN consacré à la préparation de la rentrée 2026, la FSU a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme face à l’urgence sociale et éducative qui frappe notre département.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et témoignent d’une réalité que le Conseil départemental refuse de voir :
• 9 collèges publics sur 13 sous la moyenne nationale en termes d’IPS
• Plusieurs établissements avec des IPS inférieurs à 90, signe d’une paupérisation massive
• Un territoire sinistré par la désindustrialisation, le chômage et la précarité
• Une érosion documentée des classes moyennes qui abandonne l’école publique

Le mur de l’immobilisme : Non à la révision de la carte scolaire !
Face à cette situation d’urgence, la réponse du Conseil départemental est scandaleuse et irresponsable : REFUS CATÉGORIQUE de réviser une carte scolaire obsolète qui aggrave les inégalités.

Leurs prétextes ? Un catalogue de mauvaises excuses :
• “Il faut attendre” - Attendre quoi ? Que la situation empire encore ?
• Une étude vieille de 2 ans, totalement dépassée et l’opposition à l’époque des élus des communes concernées (ceci pour 4 élèves !)
• La sacro-sainte “vision globale” - L’alibi parfait de l’inaction
L’école publique sacrifiée : 1 312 élèves dans les collèges privés, les seuls qui ne perdent pas d’élèves à la rentrée !
La FSU a dénoncé avec force cette politique de l’abandon qui pousse les familles vers l’enseignement privé. La réponse cynique du CD - "C’est le choix des parents !" - témoigne d’un mépris inacceptable pour le service public d’éducation.
NON, ce n’est pas un choix ! C’est la conséquence directe :
• De conditions d’enseignement dégradées avec des classes surchargées
• D’une mixité sociale qui se fragilise d’années en années, au point qu’elle est réduite à peau de chagrin dans certains collèges
• D’un abandon organisé de l’école républicaine

Face à ce constat, logiquement, vos représentantes FSU se sont prononcés contre la préparation de rentrée dans les collèges du Territoire de Belfort. La CFDT et FO ont aussi voté contre, l’UNSA s’est asbtenue.

Détails du vote : Pour : 1 - Abstention : 11 - Contre : 10

2- Bâti scolaire : Des miettes face à l’urgence climatique

Concernant les bâtiments scolaires vieillissants et inadaptés :
• 20 millions d’euros nécessaires d’après une étude commandée par le CD
• Une seule action concrète : la toiture du collège de Delle sera refaite (500 000-600 000€)
• Pour le reste : on "étudie", on "réfléchit", on “informe”... pendant que nos élèves étouffent dans des passoires thermiques !

3 - Section sportive Golf à Rougemont-le-Château : Le symbole d’une politique éducative à deux vitesses

L’ordre du jour incluait l’ouverture d’une section sportive Golf au collège de Rougemont-le-Château. Sérieusement ?

La FSU a vivement dénoncé cette proposition aberrante et provocatrice :
• Dans un contexte de fragilité extrême de cette école rurale, on propose le sport le plus socialement clivant !
• Quel message envoie-t-on aux familles populaires ? Que l’école publique n’est plus pour elles ?
• Cette section sportive révèle une dérive inacceptable : la survie d’un collège dépend désormais de sa capacité à faire une offre parascolaire distinctive !
• Le financement de cette section sert-il à apporter des moyens publics au financement de l’équipement privé du golf de Rougemont ?

La FSU a demandé un bilan sur cette ouverture (attractivité pour les élèves hors secteur du collège, ouverture sociale, mixité de genre, coût financier pour l’établissement et pour les familles).

Vote - Abstentions : 9 / Pour : 13

4 - Questions diverses (uniquement posées par la FSU en amont de l’instance)
• Face à la hausse importante du prix des carburants, un soutien financier est-il prévu pour les personnels itinérants, contraints d’utiliser leur véhicule personnel pour assurer leurs missions (remplaçantes, personnels en complément de service, TZR, TS, RASED, PSY, CPD, CPC, PEMF, etc.) ?
Le Dasen a indiqué que cela dépendait du ministère, et d’un décret.
La FSU a insisté sur le coût, notamment pour les personnels précaires et faiblement rémunérés (AESH).

• Lors des séances de septembre et de novembre, le Département a précisé qu’il travaillait sur différentes pistes de rénovation du bâti scolaire, vieillissant et inadapté au changement climatique. Est-ce que des fonds et une planification sur plusieurs années sont-ils prévus ?
Réponse en séance
• Depuis plusieurs CDEN, il apparaît que la carte scolaire (compétence du département) et la carte de l’éducation prioritaire (compétence de l’Etat) sont obsolètes. Une révision, avec des procédures et un calendrier clair, peut-elle être mise en place ?
Réponse en séance
• Quels sont les effectifs prévus et le nombre de divisions dans les collèges privés sous contrat du département ?
Données présentées en séance
• Quelles sont les dotations horaires (H/E) des collèges privés sous contrat du département ? Selon la vice-présidente du Conseil départemental Anaïs Monnier-Von Aesch, ce n’est pas de la compétence du CDEN.