2 novembre 2026

Sections départementales

CSASD du Jura de bilan de rentrée : le prix de l’inclusion

Jeudi 15 octobre s’est tenu le CSASD de bilan de rentrée pour le Jura. Au delà des points habituels à l’ordre du jour, le SNES FSU est longuement intervenu sur les difficultés croissantes que rencontrent de nombreux collègues au sujet de l’inclusion.
Depuis 15 ans, les dispositifs d’inclusion se sont généralisés dans les collèges jurassiens : ouvertures régulières d’ULIS, d’unités externalisées (IME ou DITEP), SEGPA inclusives en sixième. Chaque dispositif devait initialement être adapté aux troubles ou handicap de chaque élève. Or, depuis quelques années, nous observons un décalage entre certains dispositifs et les élèves qu’ils accueillent. Par exemple, certains élèves d’ULIS ont des troubles du comportement qui rendent l’inclusion difficile voire impossible en classe. Au collège de Briand, des élèves en unité externalisée DITEP sont intégrés en classe sans véritable concertation avec les équipes enseignantes.
Les dispositifs d’inclusion sont de plus en plus dépassés par la dégradation de la santé mentale des élèves et par la violence qu’elle peut engendrer pour une raison simple : l’éducation nationale n’a pas vocation à se substituer au Ministère de la santé et à sa déclinaison locale, l’ARS, sur des problématiques de santé.
A cet égard, le collège fait face à une dégradation que de nombreu.ses enseignant.es du premier degré et AESH ont déjà constaté et dénoncé depuis 2020 dans des fiches SST du département. Les AESH, sont en première ligne et sont confrontées à la recrudescence d’actes de violences : morsures, coups, insulte. La hausse du nombres d’arrêts maladie témoigne de ces difficultés croissantes alors qu’il n’existe aucun sytème de remplacement.
Face à cette situation, le DASEN met en avant, sans grande conviction, le déploiement des PAS au sein desquels l’éducation nationale et la MDPH sont censés apporter chacun leur contribution. Dans les faits, les PAS font porter sur les épaules des AESH encore davantage de responsabilités puisque ce sont elles qui sont au contact des élèves, des familles et de l’institution.
Faute de dispositifs suffisants, et au vu de l’état de l’aide sociale à l’enfance dans notre département, la situation de l’inclusion et la santé mentale de nombreux élèves est et restera inquiétante.
Parmi les autres sujets abordés on reteindra la question des effectifs. Ceux des collèges publics jurassiens ont été, comme c’est le cas depuis plusieurs années, sous évaluées par les services statistiques du rectorat. Contrairement aux prévisions de juin, ce sont près de 80 élèves supplémentaires qui ont effectué leur rentrée en septembre. Nous avons demandé que les remontées de terrain des chefs d’établissement priment sur les prévisions élaborées par les services statistiques. La baisse démographique importante qui s’annonce dans deux ans rend cette démarche encore plus nécessaire.