Initié en région parisienne, il y a maintenant deux semaines, le mouvement lycéen s’est amplifié sur tout le territoire parce que chacune reconnaît dans les slogans une bien triste réalité dénoncée par les organisations syndicales et le SNES-FSU en particulier, depuis trop longtemps : de nombreux lycées sont dans un état proche du délabrement, le mobilier est souvent vétuste, voire cassé, voire il n’y a pas (plus) assez de mobilier. A cela s’ajoute le manque d’enseignants, de moyens en tout genre, et une colère face aux inégalités criantes engendrées par Parcoursup.
Nos élèves ont bien analysé les difficultés structurelles de notre belle école, et le manque d’égalité des chances, conséquence des dernières réformes. Leurs revendications sont légitimes et rejoignent les nôtres.
La méthode est évidemment différente, et les discussions dans les salles des professeurs montrent des désaccords car la forme interpelle davantage que le fond du problème. Il ne s’agit pas de regarder uniquement ce qui se passe actuellement par le prisme de certains médias ou réseaux sociaux, mais d’être au côté de nos élèves, dans les rues, pour constater que la grande majorité d’entre eux manifeste pacifiquement, avec des revendications construites, encore une fois légitimes et que leur démarche est sincère et montre de jeunes adultes responsables, l’avenir de notre pays. Il y a des débordements, c’est évident, mais ce ne sont pas les élèves qui saccagent ou brulent les lycées.
Sandrine RAYOT
